‘The Cat. Not Me’

 


AM LETZEN

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza, Marianne Dissard
Le jour se lève pour se coucher
et je sors pour re-rentrer.
Je n’entends plus rien ni mon coeur
qui s’est arrêté de cogner
le dernier matin de l’année,
am letzen Morgen des Jahres.
Au bas d’un mur, du haut d’une rue,
d’un soupirail deux mains tendues.
A Osthafen sur le quai,
je mens pour respirer
le dernier matin de l’année,
am letzen Morgen des Jahres.
Les feuilles montent dans la fumée.
Vois, je marche sans m’arrêter.
Tu m’as cherché sans te connaître
quand ceux-là passent sans me croiser
le dernier matin de l’année,
le dernier matin de l’année.
Schlafe gut und traüme schön
weil die Nacht ist über uns.
Die Menschheit beginnt
auf einem ersten Gesicht.
Danke, ich sage es nicht genug,
ich gebe es nicht genug.
Im Leben, weil du bist ich.
Amour à mort, oh ma peine.
Liebe zum Tode, oh mein Schmerz.
Im Leben, weil du bist ich
am letzen Morgen des Jahres,
le dernier matin,
le dernier matin de l’année.
AM LETZEN (English translation)
Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza, Marianne Dissard
The day rises only to set back down
and I go out to come back in.
I hear not a thing nor my heart
that stopped beating
on the last morning of the year,
am letzen Morgen des Jahres.
At the base of a wall, from the top of a street,
out of a basement vent, two outstretched hands.
At Osthafen on the platform,
I lie to be able to breathe
on the last morning of the year,
am letzen Morgen des Jahres.
Leaves lift up in the smoke.
See, I walk without stopping.
You looked for me without knowing yourself
when these ones walk by without crossing my path
on the last morning of the year,
on the last morning of the year.
Schlafe gut und traüme schön
weil die Nacht ist über uns.
Die Menschheit beginnt
auf einem ersten Gesicht.
Danke, ich sage es nicht genug,
ich gebe es nicht genug.
Im Leben, weil du bist ich.
Love till death, oh my pain.
Liebe zum Tode, oh mein Schmerz.
Im Leben, weil du ich bist
am letzen Morgen des Jahres,
the last morning,
on the last morning of the year.
 

MOUTON BERCAIL

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza, Marianne Dissard
J’en ai fait des hôtels et des caves.
J’en ai perdu du temps.
J’en ai fait des chiottes et des rades.
J’en ai bavé du sang.
J’en ai fait des pas mûres, des bêtises.
J’en ai fait des serments.
j’en ai fait…
et j’en ferai encore.
Je suis comme ça.
Je ne changerai pas.
Je m’en suis fait du mal.
J’ai battu les records.
J’en ai fait des écoles et des styles,
des méthodes et du tort.
J’ai juré c’est fini, c’est final.
J’ai juré sur ma tête et ton corps.
J’ai juré…
et je vous jure encore.
Je suis comme ça.
Je ne changerai pas.
Je vous le jure encore.
Oui, je vous jure encore.
Je suis comme ça.
Je ne changerai pas.
J’en ai fait des faux-bonds, des détours,
tout caché sous le vent.
J’en ai fait des séjours, des mystères,
des erreurs et semblant.
J’en ai pris des claques et des retours.
J’y ai cru un moment.
J’y ai cru…
et j’y croirai encore.
Je suis sûre de ça.
Je n’en guérirai pas
et j’y croirai encore
et j’en ferai encore.
Je ne changerai pas,
changerai pas comme ça
et j’en ferai
encore, encore, encore, encore.
MOUTON BERCAIL (English translation)
Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza, Marianne Dissard
I done me so many motels and basements.
I so wasted time.
I done me so many dumps and shitholes.
I drooled so much blood.
I done me so many fucked-up, stupid things.
I made so many promises.
I done did…
and I will do them again.
I am like that.
I will not change.
I done me such harm.
I broke all records.
I done did so many schools and styles,
so many methods and so much wrong.
I swore it’s over, it’s final.
I swore on my head and your body.
I swore…
and I’ll swear it to you again.
I am like that.
I will not change.
I’ll swear to you again.
Yes, I’ll swear it again.
I am like that.
I will not change.
I done did so many false starts and shortcuts,
hid it all under the wind.
I done did so many stays, mysteries,
mistakes and counterfeited.
I took me so many slaps and hits.
I believed it for a bit.
I believed it…
and I will believe it again.
I am sure of that.
I will not get cured of it
and I will believe it again
and I will do it again.
I will not change,
will not change just like that
and I will do it
again, again, again, again.

POMME

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza
Manquons-nous
dans le pré,
à sentence
condamnés.
Manquons-nous
sous la pomme
osée
en équilibre,
sous les sigles
des siècles
et devant
les moutons.
Manquons-nous
pour l’histoire.
Manquons-nous
de près.
Manquons-nous,
manquons-nous de près.
Manquons-nous, s’il te plaît.
Est-ce qu’il y a des choses
qui valent tant la peine
que de tenir tête
sous la pomme ?
Manquons-nous
de justesse,
à peine
émerveillés.
Manquons-nous
sous l’égide
des passants
exaltés.
Pour les oiseaux,
pour l’herbe
et pour nous
les torrents.
Manquons-nous
pour la geste.
Manquons-nous
dans le pré.
Manquons-nous,
manquons-nous de prés.
Manquons d’éternité.
Est-ce qu’il y a des choses
qui sont plus faciles
que d’avancer seul
dans l’histoire ?
Est-ce qu’il y a des hommes
qui sont tels que toi,
qui ne tremblent pas
à l’archer ?
Manquons-nous
à l’année,
à l’hiver
résignés.
Manquons-nous
d’un élan
pour ne pas
perdre pied.
Pour fonder
le présent
et fronder
le passé.
Manquons-nous,
manquons-nous,
manquons
de nous aimer.
POMME (English translation)
Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza
Let’s miss each other
in the meadow,
to our sentence
condemned.
Let’s miss each other
under the apple
dared
in equilibrium,
under the acronyms
of centuries
and in front
of the sheep.
Let’s miss each other
for the sake of history.
Let’s miss each other
by very little.
Let’s miss each other,
let’s miss each other by little.
Let’s miss each other, please.
Are there things
that are worth more
than to hold the head high
under the apple?
Let’s miss each other
by little,
barely
awed.
Let’s miss each other
under the aegis
of passerbys
exalted.
For the birds,
for grass
and for us
river streams.
Let’s miss each other
for the legend.
Let’s miss each other
in the meadow.
Let’s miss each other,
let’s miss each other by little.
Let’s miss our eternity.
Are there things
that are easier
than to walk on alone
into history?
Are there men
who are like you,
who don’t tremble
at the bow?
Let’s miss each other
by the year,
to winter
resigned.
Let’s miss each other
by a burst
so as not
to lose our footing.
To found
the present
and stand up
to the past.
Let’s miss each other,
let’s miss each other,
let’s miss
loving one another.

JE NE LE SAVAIS PAS

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza
Moussaillon, matelot !
Sous-payol, sous-payot !
Moussaillon, matelot !
Sous-payol, matelot !
Les longs doigts de la gueuse
me rentrent dans la gorge
Les vagues fouettent, claquent,
se brisent sur le pont.
Encordée au grand-mât,
je tangue grise, cinglée de sel
Les algues agrippent et creusent
boursouflent ma carcasse
Hermite dans ma coque,
en mal emmaillotée,
je n’avance pas.
Je n’avance pas.
Les mots suintent de mes lèvres,
y tournent dix fois, cent fois.
Leur écho perce mort-né
avant que de n’éclore.
Tu ne m’entendras pas.
C’est ainsi. Interdit.
Je ne tends pas les bras.
Je n’ouvre pas les jambes.
Je ne me débats pas.
Je ne respire pas.
Je ne dis rien.
Je ne dis rien.
Je ne vis pas.
Je ne vis pas.
Le coeur mateloté,
l’ennui me tient fortune.
Les élements déchaînent
à peine ma lumière.
Je ne vis pas.
Je ne vis pas.
Je ne le savais pas.
Je ne le savais pas.
JE NE LE SAVAIS PAS (English translation)

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza

Seaboy, sailor!
Lifers’ scribe! Underling!
Seaboy, sailor!
Lifers’ scribe! Underling!

The long fingers of death
force through my throat.
Waves slash, slam,
crash upon the ship deck.
Ropped to the main mast,
I sway grey, whipped by salt.
Seaweeds grip and hollow-out
my bloated carcass.
Hermit in my shell,
badly wrapped up,
I am not moving forward.
I am not moving forward.

The words seep out of my mouth,
having turned there ten times, a hundred.
Their echo has died out, still-born
before having bloomed.
You will not hear me.
That’s how it is. Forbidden.
I do not hold out my arms.
I do not open my legs.
I do not struggle.
I do not breathe.
I say nothing.
I say nothing.
I am not living.
I am not living.

Heart sailed-out,
boredom stands me fortune.
The elements unleash
barely my light.
I am not living
I am not living.
I didn’t know it.
I didn’t know it.

OISEAU

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza
L’oiseau tape le carreau,
prisonnier du dedans.
Il s’épuise et se pose,
tremblant à mes pieds.
Je regarde les murs,
fissurés sous la chaux.
Une porte a claqué
à l’étage.
L’oiseau se soulève,
un ressort animal.
Il recogne au carreau,
retombe sonné au sol.
Dans la cour, des arbres
déplumés dans la nuit.
Il a plu ce matin.
Je dormais.
Je ne comprends pas
le silence du ciel.
Je ne comprends pas.
Je ne comprends pas
le silence du ciel,
débridé dans l’orage.
Je ne comprends pas.
Je ne comprends pas
le silence du ciel,
débridé dans l’orage,
reluisant sous l’éclair.
Je ne comprends pas
le silence du ciel,
débridé dans l’orage
et maintenant
muet.
OISEAU (English translation)

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza
The bird hits the window pane,
prisoner of the indoors.
It exhausts itself and flutters down,
trembles at my feet.
I see the walls,
cracked under the whitewash.
A door slammed shut
on one of the floors above.
The bird lifts off,
an animal spring.
It hits the glass again,
falls down again, knocked out.
In the courtyard, trees,
plucked overnight.
It rained this morning.
I was sleeping.
I don’t understand
the silence of the sky.
I don’t understand.
I don’t understand
the silence of the sky,
unbridled in the storm.
I don’t understand.
I don’t understand
the silence of the sky,
unbridled in the storm,
gleaming under a flash of lightning.
I don’t understand
the silence of the sky,
unbridled in the storm
and now
mute.

 


 

TORTUE

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza
Je suis dans un train
sans conducteur
ni passager,
qui roule de nuit
tous feux éteints.
Je vois des lueurs,
l’ombre d’un bois,
une giclée pâle
sur l’eau du lac.
Je crois que je rêve.
Je sais que je rêve.
La fenêtre est givrée.
Je ne peux pas,
rien toucher,
rien nommer.
Entre rêve et rêve,
comme de nuit le jour,
je ne peux rien y faire,
je suis la tortue.
Un tunnel sans lumière
ni odeur et je marche
les pieds nus dans la boue
sous des voûtes qui pendent.
Des corps souillés au sol
et des blâtes aux murs
et des rats qui copulent
sous les gouttes.
Les parois ploient et craquent.
Il me semble,
je t’entends.
Je suis sûre que c’est toi,
cet homme là-bas au fond
qui bouge
dans une bouche.
Entre rêve et rêve,
comme de nuit le jour,
je ne peux rien y faire,
je ne peux rien y faire.
Entre rêve et rêve,
comme de nuit le jour,
je ne peux rien y faire.
Je suis la tortue.
Entre rêve et rêve,
comme de nuit le jour,
je ne peux rien y faire,
je ne peux rien y faire.
Entre rêve et rêve,
comme de nuit le jour,
je ne peux rien y faire,
je ne peux rien y faire.
Entre rêve et rêve,
comme de nuit le jour,
je ne peux rien y faire.
Je suis la tortue.
Allongée dans une boîte
qui empeste la terre,
les crachats et le foutre,
j’entreprends ton visage
qui affleure des rires.
Là, la planche te salue
d’une vaste semonce
mais tu pleures comme il pleut
et remontes tes collants
puis tu vas de l’avant.
Moi, je crois que je rêve,
je sais bien que je rêve.
Je sais que je ne peux
ni toucher
ni nommer.
Je repose sur le dos
un dimanche dans le vent,
née en moindre mesure
détroussée des brigands
par leurs colts trop brillants.
A trop mettre la clef
sur des portées trop raides,
je marque sur ma chair
du vent et des poussières,
au grand jour,
en ce jour
de lessive des gueux,
entre rêve et rêve,
entre rêve et rêve,
entre rêve et rêve,
entre rêve et rêve.
TORTUE (English Translation)

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza
I am in a train
without conductor
or passengers,
that runs at night,
all lights off.
I see glimmers,
the shadow of a wood,
a pale splash
shot on the surface of a lake.
I think I am dreaming.
I know I am dreaming.
The window is frosted.
I can’t
touch nothing,
name nothing.
Between dream and dream,
as at night in day,
I can’t help it,
I am the turtle.
A tunnel with no lights,
no smells and I walk
barefoot in the mud
under vaults that hang down.
On the ground, soiled bodies
and cockroaches on the walls
and rats that copulate
under the drops.
The walls bend and creak.
It seems to me
that I can hear you.
I am sure it is you,
that man out there in the dark
that jiggles
inside a mouth.
Between dream and dream,
as at night in day,
I can’t help it,
I can’t help it.
Between dream and dream,
as at night in day,
I can’t help it.
I am the turtle.
Between dream and dream,
as at night in day,
I can’t help it,
I can’t help it.
Between dream and dream,
as at night in day,
I can’t help it,
I can’t help it.
Between dream and dream,
as at night in day,
I can’t help it.
I am the turtle.
Layed out in a box
that stinks of earth,
of spit and come,
I make out your face
emerging from the laughters.
Here, the plank salutes you
with a vast reprimand
but you cry as it rains
and lift up your stockings,
then go onward.
Me, I think I am dreaming.
I know well I am dreaming.
I know that I can’t
touch nothing,
name nothing.
I rest on my back,
one sunday in the wind,
born by all measures
disrobbed by brigands,
by their too shiny colts.
Having overreached the key
on staves too steep,
I mark my flesh
with wind and dust
on the day where rain, wind and sun
do your laundry
between dream and dream,
between dream and dream,
between dream and dream,
between dream and dream.

 

ELECTION

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza, Marianne Dissard

J’ai gagné, j’ai perdu.
Je ne sais plus lequel
des deux je suis vraiment,
de perdante ou gagnante.
J’ai râlé, j’ai rien dit.
J’aurai pû simplement
entre nous justement
ou me taire ou parler.
As-tu compris
mon silence ?
As-tu compris
mes écarts ?
As-tu compris
mon départ ?
Moi, moi, moi,
je ne sais plus
qui je suis.
Je ne sais rien du tout.
Je sais juste dire non.
A peine en vie, brisée,
une tige dans le vent.
Les mots depuis ta bouche
sont comme des ouragans.
J’aurais dû justement
me remettre à l’abri.
As-tu voulu
mon silence ?
As-tu voulu
mes égards ?
As-tu voulu
mon départ ?
Moi, moi, moi,
je ne sais plus
qui je suis.
Je ne vais plus vouloir.
J’ai déjà mal voulu.
Hier en avance d’un an,
à la traîne aujourd’hui.
J’ai pas participé.
Qu’ai-je compris du sens ?
Et si tout simplement,
je n’avais pas choisi.
Ai-je saisi
cette chance ?
J’ai détourné
le regard ?
Ai-je choisi
ton départ ?
Moi, moi, moi,
je ne sais plus
qui je suis.

 

ELECTION (English translation)

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza, Marianne Dissard
I won, I lost.
I don’t know anymore
which of the two I really am,
of winner or loser.
I grumbled, I said nothing.
I could simply have
between us actually
either spoken up or shut up.
Did you get
my silence?
Did you miss
my demeanor?
Did you understand
my departure?
Me, me, me,
I don’t know any longer
who I am.
I know nothing at all.
I just know how to say no.
Barely alive, broken,
a stalk in the wind.
Words from your mouth
are like hurricanes.
I should actually have
gone back to safety.
Did you want
my silence?
Did you want
my consideration?
Did you want
my departure?
Me, me, me,
I don’t know any longer
who I am.
I will not want anymore.
I’ve already wrongly wanted.
Yesterday ahead by one year
and lagging behind today.
I didn’t participate.
What did I get of the meaning?
And what if, simply,
I hadn’t chosen.
Did I grab
this chance?
I looked
away.
Did I choose
your departure?
Me, me, me,
I don’t know any longer
who I am.

SALAMANDRE

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza
Elle
n’est plus à elle,
n’est plus à toi,
traverse le feu,
les cendres.
Elle
n’aime plus sa peau,
l’écorche aux pierres,
s’altère
vive, mue.
Elle
veut rien, dit rien
n’y fait, ni toi
ni elle n’y gagnent
vos ailes,
va mal.
Sauve-toi.
Ne tarde pas.
C’est tard déjà.
Sauve-toi.
Tu n’y peux rien
ne changera.
Vient l’été,
elle partira.
Mais décide-toi.
Ne reste pas là.
Qu’est-ce que tu y peux,
aux salamandres ?
Elle
broie la face
dans l’aquarium,
tombe rapée
sous les dalles.
Elle
rampe bon an
mal an, t’émeut,
piètine son crin,
ton lot.
Elle
crevasse,
ne décide plus
et toi non plus,
tu ne vis plus.
Sauve-toi.
Ça fait longtemps.
Tu as tout fait,
tout essayé.
Tu n’y peux rien.
Elle ne va pas.
Personne n’y peut.
Pense à toi.
Vient la saison,
elle partira.
Son heure viendra.
Quitte-la.
Quitte-la.
Ne tarde pas.
Pense à toi.
Pense à moi.
Tu te souviens,
les rires, le cul.
Ces choses-là.
Si tu voulais
d’une autre douleur
sur les bras,
regarde-moi.
Je suis là,
en veilleuse
comme toi.
Tu connais ça.
Quitte-la.
Et il neige et il pleut
et ça cogne, c’est l’été,
les fleurs, les saisons,
les récoltes et l’hiver
et les larmes et les joies,
le bonheur et la vie,
le cycle des saisons,
la salamandre.
SALAMANDRE (English translation)
Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza
She
is not her own anymore,
is not yours anymore,
walks through fire,
over ashes.
She
doesn’t like her skin anymore,
flays it over stones,
alters herself
alive, molts.
She
wants nothing, says nothing
will do any good, neither you
nor her will win
your wings,
does not fare well.
Run away.
Don’t delay.
It’s late already.
Save yourself.
You can’t help it
will not change.
Before summer,
she will be going.
But make up your mind.
Don’t stay here.
What can you do
about salamanders?
She
mills her face
in the aquarium,
falls grated
under headstones.
She
crawls as well she
can, moves you,
horses over her hair,
your lot.
She
crevasses,
doesn’t decide anymore
and you neither,
you’re not living anymore.
Save yourself.
It’s been a while.
You did everything,
you tried everything.
You can’t help it.
She is not well.
Nobody can help it.
Think of you.
Comes the season,
she will leave.
Her time will come.
Leave her.
Leave her.
Don’t delay.
Think of yourself.
Think of me.
Do you remember
laughter, fucking?
Yes, those things.
If you wanted
another ache
on your shoulders,
look at me.
I am right here,
a pilot light
like you.
You understand that.
Leave her.
And it snows and it rains,
sun beats down, it’s summer,
flowers, seasons,
harvests and winter
and tears and joys,
happiness and life,
the cycle of seasons,
the salamander.

DOLL CIRCA

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza
Une petite fille
dans un salon
joue seule
à des jeux.
GI Joe, Barbie
sur le tapis,
des jouets de garçon.
Talons et vichy rose,
soldats de plomb,
uniformes khaki.
Elle dresse les rangs,
la Barbie devant,
comme au peloton.
Il était une fois…
Le sous-lieutenant
lève un sabre,
crie un ordre.
La poupée encadrée
serre les dents.
Elle se débat.
Un sergent
lui arrache les cheveux
avec sérieux.
La machette tranche
un sein, deux fesses,
bras en plastique.
Il était une fois
comme une autre.
Il était une fois
comme une autre.
Au sol,
en robe blanche
tachée de sang,
une petite fille,
seule,
joue à des jeux.
Les grands
sont à la plage.
Elle, non.
Elle attends.
Elle reprends,
elle reprends ses jeux.
Il était une fois
comme une autre,
au premier jour
comme un autre.
Il était une fois
comme une autre,
au premier jour
du premier sang.
Petite fille
deviendra grand,
deviendra d’âge,
deviendra sage.

 

DOLL CIRCA (English translation)

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza
A little girl
in a living room
plays by herself
games.
GI Joe, Barbie
on the rug,
toys of boys.
Heels and pink vichy,
tin soldiers,
khaki uniforms.
She sets up the rows,
the Barbie doll in front,
as in a firing squad.
Once upon a time …
The second lieutenant
raises his sword,
shouts an order.
The doll, framed,
clenches her teeth.
She struggles.
A sergeant
pulls out her hair
with a straight face.
The machete cuts
one breast, two cheeks,
plastic arms.
Once upon a little time
like any other time …
Once upon a little time
like any other time …
On the floor,
in a white dress
stained with blood,
a little girl,
alone,
plays some games.
The grown-ups
are at the beach.
She, no.
She waits.
She takes up,
takes up her games.
Once upon a little time
like any other little time,
on the first day
like any other day …
Once upon a little time
like any other little time,
on the first day
of the first blood …
Little girl
will grow up,
become of age,
wise up, good girl.

LA PARTIE DE PUZZLE DU JARDIN A LA FRANÇAISE

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza
Un jour, je m’ai joué,
je m’ai prise à ton jeu.
Au bord, tu m’assièrais.
Tu désirais m’entretenir.
Je m’ai posé en coin
au carré du salon.
Nous, face l’image à plat
d’un bien commun jardin.
Fastidieux ciel mité,
singulier sans ses nuages.
Je suis encaptivée.
Je m’y vais m’y valser.
Tu débrouilles
le puzzle
jusqu’au marbre
blanc,
jusqu’aux feuillages
verts.
You say you don’t love me.
I say no, I know better,
I know better
than to agree
but let’s do pretend,
let’s do pretend
we’re seeing the whole picture
and your piece,
your piece does fit mine after all.
Ce jour, tu m’as posé
sciemment à ton piège,
m’entretenant sérieusement
de choses si légères.
Jardin française
réclame volupté,
élans et venues
ordonnés et pluriels.
You say you don’t love me.
I say no, I know better,
I know better
than to agree
but let’s do pretend,
let’s do pretend
we’re missing the whole picture
and your piece, your piece
does fit mine after all.
Le bois intrigue
dans ta main,
redonne l’ordre
de cogner
à mon coeur.
Un jour, je m’ai cassé,
cassé la tête
mais tu m’as insisté
et tu m’as dit, la lune.
J’y trouve trou rempli,
hurlant, centré,
sonore.

 

LA PARTIE DE PUZZLE DU JARDIN A LA FRANÇAISE (English translation)

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza
One day, I played myself,
I got caught up in your game.
On the edge, you’d sit me.
You desired to speak me up.
I placed myself in a corner
in the middle square of the salon.
Us, facing the flattened image
of a so banal garden.
Tedious sky moth-eaten,
peculiar without its clouds.
I am encaptivated.
I will go about waltzing.
You unravel
the puzzle
all the way to the marble,
white,
to the leaves
green.
Tu dis, tu ne m’aimes pas.
Je dis non, j’en sais
plus long que ça,
j’en sais mieux que d’être d’accord
mais allons prétendre,
allons prétendre
que nous saisissons
et ta pièce, ta pièce
va avec la mienne après tout.
That day, you set me
knowingly to your trap,
discussing with seriousness
such inconsequential things.
French garden
clamors for voluptuousness,
stirrings and alleys
raked, ranked and plural.
Tu dis, tu ne m’aimes pas.
Je dis non, j’en sais
plus long que ça, j’en sais
mieux que d’être d’accord
mais allons prétendre,
allons prétendre
que nous ne saisissons pas
et ta pièce, ta pièce
va avec la mienne après tout.
The wood intrigues
in your hand,
gives again the order
to beat
to my heart.
One day, I cracked,
racked my head
but you insisted me
and you said, the moon.
I find a filled-up hole,
screaming, centered,
sonorous.

HEUREUSEMENT SANS HEURT

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza, Marianne Dissard
Mains et pieds attachés
dans le dos à l’anneau,
le supplice y est lent,
la torture ordinaire.
A confesse, à ma fête,
je suis mise à question.
Mes os crachent, mes os craquent.
De quoi suis-je coupable ?
Mais vous, ma vie,
vous si pittoresque,
c’est vous que j’aime
heureusement sans heurt
du fond de la marmite.
Mon pouls bat, impatient,
et pendue et rouée,
écartelée sous terre
comme encore d’ordinaire.
Je démonte, oui, le temps,
un coucou déréglé
qui donne chaque quart
aussi lourd que midi.
En chemise au bûcher,
fagotée, mal soufrée,
le lexique est d’époque.
La question est humaine.
Et vous, ma vie,
vous si primitive,
c’est vous que j’aime
heureusement sans heurt
du fond de la marmite.
Langue percée, poings coupés,
femme de paille, je m’attelle
à des tâches de bas étage.
De qui suis-je l’accusée ?
A quoi m’ai-je condamnée ?
En têtée à Sisyphe,
et clouée à mes gonds,
de quels dieux la risée ?
Mais vous, ma vie,
vous si fidèle,
c’est vous que j’aime,
vous si pittoresque.
Mais vous, ma vie,
vous si fidèle,
vous que j’aime
heureusement sans heurt
du fond de la marmite.
HEUREUSEMENT SANS HEURT (English translation)

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza, Marianne Dissard
Hands and feet tied up
in the back to the ring,
the torture is slow,
the torment ordinary.
At confession, at my trial,
I am being put to the question.
My bones spit, my bones crack.
What I am guilty of?
But you, my life,
you so quaintly picturesque,
it’s you I love
fortunately without hurt
from the bottom of the pot.
My pulse beats, impatient.
Hanged and beat,
ripped apart underground
as of ordinary.
I take time to pieces,
an out-of-wack cuckoo clock
that rings each quarter
as loudly as noon.
In chemise at the bonfire,
sticked up, badly sulfured,
the lexicon is period.
The question is human.
And you, my life,
you so primitive,
it’s you I love
fortunately without hurt
from the bottom of the pot.
Tongue pierced, fists cut off,
straw woman, I harness myself
to low-rung tasks.
Of whom am I the accused?
To what did I condemn myself?
Suckling Sisyphe
and nailed to my hinges,
of what gods the laughing stock?
But you, my life,
you so faithful,
it’s you I love,
you so colorful.
But you, my life,
you so faithful,
you I love
fortunately without hurt
from the bottom of the pot.

French chanteuse of desert noir. Left her home in Tucson, Arizona for a wooden boat in England. Latest dope 'Cibola Gold: Best of 2008-2015' CD. Book coming soon.

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