‘The Cat. Not Me’

‘L’abandon’

‘L’entredeux’

Album: The Cat. Not Me

AM LETZEN

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza, Marianne Dissard

Le jour se lève pour se coucher
et je sors pour re-rentrer.
Je n’entends plus rien ni mon coeur
qui s’est arrêté de cogner
le dernier matin de l’année,
am letzen Morgen des Jahres.

Au bas d’un mur, du haut d’une rue,
d’un soupirail deux mains tendues.
A Osthafen sur le quai,
je mens pour respirer
le dernier matin de l’année,
am letzen Morgen des Jahres.

Les feuilles montent dans la fumée.
Vois, je marche sans m’arrêter.
Tu m’as cherché sans te connaître
quand ceux-là passent sans me croiser
le dernier matin de l’année,
le dernier matin de l’année.

Schlafe gut und traüme schön
weil die Nacht ist über uns.
Die Menschheit beginnt
auf einem ersten Gesicht.

Danke, ich sage es nicht genug,
ich gebe es nicht genug.
Im Leben, weil du bist ich.

Amour à mort, oh ma peine.
Liebe zum Tode, oh mein Schmerz.
Im Leben, weil du bist ich
am letzen Morgen des Jahres,
le dernier matin,
le dernier matin de l’année.


AM LETZEN (English translation)

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza, Marianne Dissard

The day rises only to set back down
and I go out to come back in.
I hear not a thing nor my heart
that stopped beating
on the last morning of the year,
am letzen Morgen des Jahres.

At the base of a wall, from the top of a street,
out of a basement vent, two outstretched hands.
At Osthafen on the platform,
I lie to be able to breathe
on the last morning of the year,
am letzen Morgen des Jahres.

Leaves lift up in the smoke.
See, I walk without stopping.
You looked for me without knowing yourself
when these ones walk by without crossing my path
on the last morning of the year,
on the last morning of the year.

Schlafe gut und traüme schön
weil die Nacht ist über uns.
Die Menschheit beginnt
auf einem ersten Gesicht.

Danke, ich sage es nicht genug,
ich gebe es nicht genug.
Im Leben, weil du bist ich.

Love till death, oh my pain.
Liebe zum Tode, oh mein Schmerz.
Im Leben, weil du ich bist
am letzen Morgen des Jahres,
the last morning,
on the last morning of the year.

 

MOUTON BERCAIL

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza, Marianne Dissard

J’en ai fait des hôtels et des caves.
J’en ai perdu du temps.
J’en ai fait des chiottes et des rades.
J’en ai bavé du sang.
J’en ai fait des pas mûres, des bêtises.
J’en ai fait des serments.
j’en ai fait…
et j’en ferai encore.
Je suis comme ça.
Je ne changerai pas.

Je m’en suis fait du mal.
J’ai battu les records.
J’en ai fait des écoles et des styles,
des méthodes et du tort.
J’ai juré c’est fini, c’est final.
J’ai juré sur ma tête et ton corps.
J’ai juré…

et je vous jure encore.
Je suis comme ça.
Je ne changerai pas.
Je vous le jure encore.
Oui, je vous jure encore.
Je suis comme ça.
Je ne changerai pas.

J’en ai fait des faux-bonds, des détours,
tout caché sous le vent.
J’en ai fait des séjours, des mystères,
des erreurs et semblant.
J’en ai pris des claques et des retours.
J’y ai cru un moment.
J’y ai cru…

et j’y croirai encore.
Je suis sûre de ça.
Je n’en guérirai pas
et j’y croirai encore
et j’en ferai encore.
Je ne changerai pas,
changerai pas comme ça
et j’en ferai
encore, encore, encore, encore.


MOUTON BERCAIL (English translation)

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza, Marianne Dissard

I done me so many motels and basements.
I so wasted time.
I done me so many dumps and shitholes.
I drooled so much blood.
I done me so many fucked-up, stupid things.
I made so many promises.
I done did…
and I will do them again.
I am like that.
I will not change.

I done me such harm.
I broke all records.
I done did so many schools and styles,
so many methods and so much wrong.
I swore it’s over, it’s final.
I swore on my head and your body.
I swore…
and I’ll swear it to you again.
I am like that.
I will not change.
I’ll swear to you again.
Yes, I’ll swear it again.
I am like that.
I will not change.

I done did so many false starts and shortcuts,
hid it all under the wind.
I done did so many stays, mysteries,
mistakes and counterfeited.
I took me so many slaps and hits.
I believed it for a bit.
I believed it…

and I will believe it again.
I am sure of that.
I will not get cured of it
and I will believe it again
and I will do it again.
I will not change,
will not change just like that
and I will do it
again, again, again, again.


POMME

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza

Manquons-nous
dans le pré,
à sentence
condamnés.
Manquons-nous
sous la pomme
osée
en équilibre,
sous les sigles
des siècles
et devant
les moutons.

Manquons-nous
pour l’histoire.
Manquons-nous
de près.

Manquons-nous,
manquons-nous de près.
Manquons-nous, s’il te plaît.

Est-ce qu’il y a des choses
qui valent tant la peine
que de tenir tête
sous la pomme ?

Manquons-nous
de justesse,
à peine
émerveillés.
Manquons-nous
sous l’égide
des passants
exaltés.
Pour les oiseaux,
pour l’herbe
et pour nous
les torrents.
Manquons-nous
pour la geste.
Manquons-nous
dans le pré.

Manquons-nous,
manquons-nous de prés.
Manquons d’éternité.

Est-ce qu’il y a des choses
qui sont plus faciles
que d’avancer seul
dans l’histoire ?
Est-ce qu’il y a des hommes
qui sont tels que toi,
qui ne tremblent pas
à l’archer ?

Manquons-nous
à l’année,
à l’hiver
résignés.
Manquons-nous
d’un élan
pour ne pas
perdre pied.
Pour fonder
le présent
et fronder
le passé.
Manquons-nous,
manquons-nous,
manquons
de nous aimer.


POMME (English translation)

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza

Let’s miss each other
in the meadow,
to our sentence
condemned.
Let’s miss each other
under the apple
dared
in equilibrium,
under the acronyms
of centuries
and in front
of the sheep.

Let’s miss each other
for the sake of history.
Let’s miss each other
by very little.

Let’s miss each other,
let’s miss each other by little.
Let’s miss each other, please.

Are there things
that are worth more
than to hold the head high
under the apple?

Let’s miss each other
by little,
barely
awed.
Let’s miss each other
under the aegis
of passerbys
exalted.
For the birds,
for grass
and for us
river streams.
Let’s miss each other
for the legend.
Let’s miss each other
in the meadow.

Let’s miss each other,
let’s miss each other by little.
Let’s miss our eternity.

Are there things
that are easier
than to walk on alone
into history?
Are there men
who are like you,
who don’t tremble
at the bow?

Let’s miss each other
by the year,
to winter
resigned.
Let’s miss each other
by a burst
so as not
to lose our footing.
To found
the present
and stand up
to the past.

Let’s miss each other,
let’s miss each other,
let’s miss
loving one another.


JE NE LE SAVAIS PAS

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza

Moussaillon, matelot !
Sous-payol, sous-payot !
Moussaillon, matelot !
Sous-payol, matelot !

Les longs doigts de la gueuse
me rentrent dans la gorge
Les vagues fouettent, claquent,
se brisent sur le pont.
Encordée au grand-mât,
je tangue grise, cinglée de sel
Les algues agrippent et creusent
boursouflent ma carcasse
Hermite dans ma coque,
en mal emmaillotée,
je n’avance pas.
Je n’avance pas.

Les mots suintent de mes lèvres,
y tournent dix fois, cent fois.
Leur écho perce mort-né
avant que de n’éclore.
Tu ne m’entendras pas.
C’est ainsi. Interdit.
Je ne tends pas les bras.
Je n’ouvre pas les jambes.
Je ne me débats pas.
Je ne respire pas.
Je ne dis rien.
Je ne dis rien.
Je ne vis pas.
Je ne vis pas.

Le coeur mateloté,
l’ennui me tient fortune.
Les élements déchaînent
à peine ma lumière.
Je ne vis pas.
Je ne vis pas.
Je ne le savais pas.
Je ne le savais pas.


JE NE LE SAVAIS PAS (English translation)


Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza


Seaboy, sailor!
Lifers’ scribe! Underling!
Seaboy, sailor!
Lifers’ scribe! Underling!


The long fingers of death
force through my throat.
Waves slash, slam,
crash upon the ship deck.
Ropped to the main mast,
I sway grey, whipped by salt.
Seaweeds grip and hollow-out
my bloated carcass.
Hermit in my shell,
badly wrapped up,
I am not moving forward.
I am not moving forward.


The words seep out of my mouth,
having turned there ten times, a hundred.
Their echo has died out, still-born
before having bloomed.
You will not hear me.
That’s how it is. Forbidden.
I do not hold out my arms.
I do not open my legs.
I do not struggle.
I do not breathe.
I say nothing.
I say nothing.
I am not living.
I am not living.


Heart sailed-out,
boredom stands me fortune.
The elements unleash
barely my light.
I am not living
I am not living.
I didn’t know it.
I didn’t know it.

OISEAU

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza

L’oiseau tape le carreau,
prisonnier du dedans.
Il s’épuise et se pose,
tremblant à mes pieds.
Je regarde les murs,
fissurés sous la chaux.
Une porte a claqué
à l’étage.

L’oiseau se soulève,
un ressort animal.
Il recogne au carreau,
retombe sonné au sol.

Dans la cour, des arbres
déplumés dans la nuit.
Il a plu ce matin.
Je dormais.

Je ne comprends pas
le silence du ciel.
Je ne comprends pas.

Je ne comprends pas
le silence du ciel,
débridé dans l’orage.
Je ne comprends pas.

Je ne comprends pas
le silence du ciel,
débridé dans l’orage,
reluisant sous l’éclair.

Je ne comprends pas
le silence du ciel,
débridé dans l’orage
et maintenant
muet.

OISEAU (English translation)


Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza

The bird hits the window pane,
prisoner of the indoors.
It exhausts itself and flutters down,
trembles at my feet.

I see the walls,
cracked under the whitewash.
A door slammed shut
on one of the floors above.

The bird lifts off,
an animal spring.
It hits the glass again,
falls down again, knocked out.

In the courtyard, trees,
plucked overnight.
It rained this morning.
I was sleeping.

I don’t understand
the silence of the sky.
I don’t understand.

I don’t understand
the silence of the sky,
unbridled in the storm.
I don’t understand.

I don’t understand
the silence of the sky,
unbridled in the storm,
gleaming under a flash of lightning.

I don’t understand
the silence of the sky,
unbridled in the storm
and now
mute.

 

 

TORTUE

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza

Je suis dans un train
sans conducteur
ni passager,
qui roule de nuit
tous feux éteints.
Je vois des lueurs,
l’ombre d’un bois,
une giclée pâle
sur l’eau du lac.
Je crois que je rêve.
Je sais que je rêve.
La fenêtre est givrée.
Je ne peux pas,
rien toucher,
rien nommer.

Entre rêve et rêve,
comme de nuit le jour,
je ne peux rien y faire,
je suis la tortue.

Un tunnel sans lumière
ni odeur et je marche
les pieds nus dans la boue
sous des voûtes qui pendent.
Des corps souillés au sol
et des blâtes aux murs
et des rats qui copulent
sous les gouttes.
Les parois ploient et craquent.
Il me semble,
je t’entends.
Je suis sûre que c’est toi,
cet homme là-bas au fond
qui bouge
dans une bouche.

Entre rêve et rêve,
comme de nuit le jour,
je ne peux rien y faire,
je ne peux rien y faire.
Entre rêve et rêve,
comme de nuit le jour,
je ne peux rien y faire.
Je suis la tortue.

Entre rêve et rêve,
comme de nuit le jour,
je ne peux rien y faire,
je ne peux rien y faire.
Entre rêve et rêve,
comme de nuit le jour,
je ne peux rien y faire,
je ne peux rien y faire.
Entre rêve et rêve,
comme de nuit le jour,
je ne peux rien y faire.
Je suis la tortue.

Allongée dans une boîte
qui empeste la terre,
les crachats et le foutre,
j’entreprends ton visage
qui affleure des rires.
Là, la planche te salue
d’une vaste semonce
mais tu pleures comme il pleut
et remontes tes collants
puis tu vas de l’avant.
Moi, je crois que je rêve,
je sais bien que je rêve.
Je sais que je ne peux
ni toucher
ni nommer.

Je repose sur le dos
un dimanche dans le vent,
née en moindre mesure
détroussée des brigands
par leurs colts trop brillants.
A trop mettre la clef
sur des portées trop raides,
je marque sur ma chair
du vent et des poussières,
au grand jour,
en ce jour
de lessive des gueux,
entre rêve et rêve,
entre rêve et rêve,
entre rêve et rêve,
entre rêve et rêve.

TORTUE (English Translation)


Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza

I am in a train
without conductor
or passengers,
that runs at night,
all lights off.
I see glimmers,
the shadow of a wood,
a pale splash
shot on the surface of a lake.
I think I am dreaming.
I know I am dreaming.
The window is frosted.
I can’t
touch nothing,
name nothing.

Between dream and dream,
as at night in day,
I can’t help it,
I am the turtle.

A tunnel with no lights,
no smells and I walk
barefoot in the mud
under vaults that hang down.
On the ground, soiled bodies
and cockroaches on the walls
and rats that copulate
under the drops.
The walls bend and creak.
It seems to me
that I can hear you.
I am sure it is you,
that man out there in the dark
that jiggles
inside a mouth.

Between dream and dream,
as at night in day,
I can’t help it,
I can’t help it.
Between dream and dream,
as at night in day,
I can’t help it.
I am the turtle.

Between dream and dream,
as at night in day,
I can’t help it,
I can’t help it.
Between dream and dream,
as at night in day,
I can’t help it,
I can’t help it.
Between dream and dream,
as at night in day,
I can’t help it.
I am the turtle.

Layed out in a box
that stinks of earth,
of spit and come,
I make out your face
emerging from the laughters.
Here, the plank salutes you
with a vast reprimand
but you cry as it rains
and lift up your stockings,
then go onward.
Me, I think I am dreaming.
I know well I am dreaming.
I know that I can’t
touch nothing,
name nothing.

I rest on my back,
one sunday in the wind,
born by all measures
disrobbed by brigands,
by their too shiny colts.
Having overreached the key
on staves too steep,
I mark my flesh
with wind and dust
on the day where rain, wind and sun
do your laundry
between dream and dream,
between dream and dream,
between dream and dream,
between dream and dream.

 

ELECTION

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza, Marianne Dissard

J’ai gagné, j’ai perdu.
Je ne sais plus lequel
des deux je suis vraiment,
de perdante ou gagnante.

J’ai râlé, j’ai rien dit.
J’aurai pû simplement
entre nous justement
ou me taire ou parler.

As-tu compris
mon silence ?
As-tu compris
mes écarts ?
As-tu compris
mon départ ?
Moi, moi, moi,
je ne sais plus
qui je suis.

Je ne sais rien du tout.
Je sais juste dire non.
A peine en vie, brisée,
une tige dans le vent.

Les mots depuis ta bouche
sont comme des ouragans.
J’aurais dû justement
me remettre à l’abri.

As-tu voulu
mon silence ?
As-tu voulu
mes égards ?
As-tu voulu
mon départ ?
Moi, moi, moi,
je ne sais plus
qui je suis.

Je ne vais plus vouloir.
J’ai déjà mal voulu.
Hier en avance d’un an,
à la traîne aujourd’hui.

J’ai pas participé.
Qu’ai-je compris du sens ?
Et si tout simplement,
je n’avais pas choisi.

Ai-je saisi
cette chance ?
J’ai détourné
le regard ?
Ai-je choisi
ton départ ?
Moi, moi, moi,
je ne sais plus
qui je suis.

 

ELECTION (English translation)


Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza, Marianne Dissard

I won, I lost.
I don’t know anymore
which of the two I really am,
of winner or loser.

I grumbled, I said nothing.
I could simply have
between us actually
either spoken up or shut up.

Did you get
my silence?
Did you miss
my demeanor?
Did you understand
my departure?
Me, me, me,
I don’t know any longer
who I am.

I know nothing at all.
I just know how to say no.
Barely alive, broken,
a stalk in the wind.

Words from your mouth
are like hurricanes.
I should actually have
gone back to safety.

Did you want
my silence?
Did you want
my consideration?
Did you want
my departure?
Me, me, me,
I don’t know any longer
who I am.

I will not want anymore.
I’ve already wrongly wanted.
Yesterday ahead by one year
and lagging behind today.

I didn’t participate.
What did I get of the meaning?
And what if, simply,
I hadn’t chosen.

Did I grab
this chance?
I looked
away.
Did I choose
your departure?
Me, me, me,
I don’t know any longer
who I am.


SALAMANDRE

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza

Elle
n’est plus à elle,
n’est plus à toi,
traverse le feu,
les cendres.

Elle
n’aime plus sa peau,
l’écorche aux pierres,
s’altère
vive, mue.

Elle
veut rien, dit rien
n’y fait, ni toi
ni elle n’y gagnent
vos ailes,
va mal.

Sauve-toi.
Ne tarde pas.
C’est tard déjà.
Sauve-toi.

Tu n’y peux rien
ne changera.
Vient l’été,
elle partira.

Mais décide-toi.
Ne reste pas là.
Qu’est-ce que tu y peux,
aux salamandres ?

Elle
broie la face
dans l’aquarium,
tombe rapée
sous les dalles.

Elle
rampe bon an
mal an, t’émeut,
piètine son crin,
ton lot.

Elle
crevasse,
ne décide plus
et toi non plus,
tu ne vis plus.

Sauve-toi.
Ça fait longtemps.
Tu as tout fait,
tout essayé.

Tu n’y peux rien.
Elle ne va pas.
Personne n’y peut.
Pense à toi.
Vient la saison,
elle partira.
Son heure viendra.
Quitte-la.

Quitte-la.
Ne tarde pas.
Pense à toi.
Pense à moi.

Tu te souviens,
les rires, le cul.
Ces choses-là.

Si tu voulais
d’une autre douleur
sur les bras,
regarde-moi.

Je suis là,
en veilleuse
comme toi.
Tu connais ça.
Quitte-la.

Et il neige et il pleut
et ça cogne, c’est l’été,
les fleurs, les saisons,
les récoltes et l’hiver
et les larmes et les joies,
le bonheur et la vie,
le cycle des saisons,
la salamandre.

SALAMANDRE (English translation)

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza

She
is not her own anymore,
is not yours anymore,
walks through fire,
over ashes.

She
doesn’t like her skin anymore,
flays it over stones,
alters herself
alive, molts.

She
wants nothing, says nothing
will do any good, neither you
nor her will win
your wings,
does not fare well.

Run away.
Don’t delay.
It’s late already.
Save yourself.

You can’t help it
will not change.
Before summer,
she will be going.

But make up your mind.
Don’t stay here.
What can you do
about salamanders?

She
mills her face
in the aquarium,
falls grated
under headstones.

She
crawls as well she
can, moves you,
horses over her hair,
your lot.

She
crevasses,
doesn’t decide anymore
and you neither,
you’re not living anymore.

Save yourself.
It’s been a while.
You did everything,
you tried everything.

You can’t help it.
She is not well.
Nobody can help it.
Think of you.
Comes the season,
she will leave.
Her time will come.
Leave her.

Leave her.
Don’t delay.
Think of yourself.
Think of me.

Do you remember
laughter, fucking?
Yes, those things.

If you wanted
another ache
on your shoulders,
look at me.

I am right here,
a pilot light
like you.
You understand that.
Leave her.

And it snows and it rains,
sun beats down, it’s summer,
flowers, seasons,
harvests and winter
and tears and joys,
happiness and life,
the cycle of seasons,
the salamander.


DOLL CIRCA

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza

Une petite fille
dans un salon
joue seule
à des jeux.

GI Joe, Barbie
sur le tapis,
des jouets de garçon.

Talons et vichy rose,
soldats de plomb,
uniformes khaki.

Elle dresse les rangs,
la Barbie devant,
comme au peloton.

Il était une fois…

Le sous-lieutenant
lève un sabre,
crie un ordre.

La poupée encadrée
serre les dents.
Elle se débat.

Un sergent
lui arrache les cheveux
avec sérieux.

La machette tranche
un sein, deux fesses,
bras en plastique.

Il était une fois
comme une autre.
Il était une fois
comme une autre.

Au sol,
en robe blanche
tachée de sang,

une petite fille,
seule,
joue à des jeux.

Les grands
sont à la plage.
Elle, non.

Elle attends.
Elle reprends,
elle reprends ses jeux.

Il était une fois
comme une autre,
au premier jour
comme un autre.

Il était une fois
comme une autre,
au premier jour
du premier sang.

Petite fille
deviendra grand,
deviendra d’âge,
deviendra sage.

 

DOLL CIRCA (English translation)


Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza

A little girl
in a living room
plays by herself
games.

GI Joe, Barbie
on the rug,
toys of boys.

Heels and pink vichy,
tin soldiers,
khaki uniforms.

She sets up the rows,
the Barbie doll in front,
as in a firing squad.

Once upon a time …

The second lieutenant
raises his sword,
shouts an order.

The doll, framed,
clenches her teeth.
She struggles.

A sergeant
pulls out her hair
with a straight face.

The machete cuts
one breast, two cheeks,
plastic arms.

Once upon a little time
like any other time …
Once upon a little time
like any other time …

On the floor,
in a white dress
stained with blood,

a little girl,
alone,
plays some games.

The grown-ups
are at the beach.
She, no.

She waits.
She takes up,
takes up her games.

Once upon a little time
like any other little time,
on the first day
like any other day …

Once upon a little time
like any other little time,
on the first day
of the first blood …

Little girl
will grow up,
become of age,
wise up, good girl.

LA PARTIE DE PUZZLE DU JARDIN A LA FRANÇAISE

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza

Un jour, je m’ai joué,
je m’ai prise à ton jeu.
Au bord, tu m’assièrais.
Tu désirais m’entretenir.
Je m’ai posé en coin
au carré du salon.

Nous, face l’image à plat
d’un bien commun jardin.
Fastidieux ciel mité,
singulier sans ses nuages.

Je suis encaptivée.
Je m’y vais m’y valser.
Tu débrouilles
le puzzle
jusqu’au marbre
blanc,
jusqu’aux feuillages
verts.

You say you don’t love me.
I say no, I know better,
I know better
than to agree
but let’s do pretend,
let’s do pretend
we’re seeing the whole picture
and your piece,
your piece does fit mine after all.
Ce jour, tu m’as posé
sciemment à ton piège,
m’entretenant sérieusement
de choses si légères.
Jardin française
réclame volupté,
élans et venues
ordonnés et pluriels.

You say you don’t love me.
I say no, I know better,
I know better
than to agree
but let’s do pretend,
let’s do pretend
we’re missing the whole picture
and your piece, your piece
does fit mine after all.

Le bois intrigue
dans ta main,
redonne l’ordre
de cogner
à mon coeur.

Un jour, je m’ai cassé,
cassé la tête
mais tu m’as insisté
et tu m’as dit, la lune.
J’y trouve trou rempli,
hurlant, centré,
sonore.

 

LA PARTIE DE PUZZLE DU JARDIN A LA FRANÇAISE (English translation)


Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza

One day, I played myself,
I got caught up in your game.
On the edge, you’d sit me.
You desired to speak me up.
I placed myself in a corner
in the middle square of the salon.

Us, facing the flattened image
of a so banal garden.
Tedious sky moth-eaten,
peculiar without its clouds.

I am encaptivated.
I will go about waltzing.
You unravel
the puzzle
all the way to the marble,
white,
to the leaves
green.

Tu dis, tu ne m’aimes pas.
Je dis non, j’en sais
plus long que ça,
j’en sais mieux que d’être d’accord
mais allons prétendre,
allons prétendre
que nous saisissons
et ta pièce, ta pièce
va avec la mienne après tout.

That day, you set me
knowingly to your trap,
discussing with seriousness
such inconsequential things.
French garden
clamors for voluptuousness,
stirrings and alleys
raked, ranked and plural.

Tu dis, tu ne m’aimes pas.
Je dis non, j’en sais
plus long que ça, j’en sais
mieux que d’être d’accord
mais allons prétendre,
allons prétendre
que nous ne saisissons pas
et ta pièce, ta pièce
va avec la mienne après tout.

The wood intrigues
in your hand,
gives again the order
to beat
to my heart.

One day, I cracked,
racked my head
but you insisted me
and you said, the moon.
I find a filled-up hole,
screaming, centered,
sonorous.

HEUREUSEMENT SANS HEURT

Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza, Marianne Dissard

Mains et pieds attachés
dans le dos à l’anneau,
le supplice y est lent,
la torture ordinaire.

A confesse, à ma fête,
je suis mise à question.
Mes os crachent, mes os craquent.
De quoi suis-je coupable ?

Mais vous, ma vie,
vous si pittoresque,
c’est vous que j’aime
heureusement sans heurt
du fond de la marmite.

Mon pouls bat, impatient,
et pendue et rouée,
écartelée sous terre
comme encore d’ordinaire.

Je démonte, oui, le temps,
un coucou déréglé
qui donne chaque quart
aussi lourd que midi.

En chemise au bûcher,
fagotée, mal soufrée,
le lexique est d’époque.
La question est humaine.

Et vous, ma vie,
vous si primitive,
c’est vous que j’aime
heureusement sans heurt
du fond de la marmite.

Langue percée, poings coupés,
femme de paille, je m’attelle
à des tâches de bas étage.
De qui suis-je l’accusée ?
A quoi m’ai-je condamnée ?
En têtée à Sisyphe,
et clouée à mes gonds,
de quels dieux la risée ?

Mais vous, ma vie,
vous si fidèle,
c’est vous que j’aime,
vous si pittoresque.
Mais vous, ma vie,
vous si fidèle,
vous que j’aime
heureusement sans heurt
du fond de la marmite.


HEUREUSEMENT SANS HEURT (English translation)


Lyrics : Marianne Dissard
Music : Sergio Mendoza, Marianne Dissard

Hands and feet tied up
in the back to the ring,
the torture is slow,
the torment ordinary.

At confession, at my trial,
I am being put to the question.
My bones spit, my bones crack.
What I am guilty of?
But you, my life,
you so quaintly picturesque,
it’s you I love
fortunately without hurt
from the bottom of the pot.

My pulse beats, impatient.
Hanged and beat,
ripped apart underground
as of ordinary.

I take time to pieces,
an out-of-wack cuckoo clock
that rings each quarter
as loudly as noon.

In chemise at the bonfire,
sticked up, badly sulfured,
the lexicon is period.
The question is human.

And you, my life,
you so primitive,
it’s you I love
fortunately without hurt
from the bottom of the pot.

Tongue pierced, fists cut off,
straw woman, I harness myself
to low-rung tasks.
Of whom am I the accused?
To what did I condemn myself?
Suckling Sisyphe
and nailed to my hinges,
of what gods the laughing stock?

But you, my life,
you so faithful,
it’s you I love,
you so colorful.
But you, my life,
you so faithful,
you I love
fortunately without hurt
from the bottom of the pot.






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‘L’Abandon’

LA PEAU DU LAIT
Marianne Dissard / Christian Ravaglioli

Les mots de la radio et le puit de la purée,
Plomb fondu, gouttes d’eau, corps à pourrir en tonneaux.
Vois dans nos chaumières 
la trouée de l’acide
de l’oreille au cerveau,
Répête, jambon blanc en dés, pain et …

Miette de pain, pain de blé, blé des champs, chant de guerre.
Guerre des ondes, ondes de choc, choc des mots.
Mot à mot, les mots d’hier et d’aujourd’hui nous tiennent.
Les mots nous tiennent, nous tiennent.
Les mots nous tiennent coîs.

Le beurre dans le puit, de rue en rue, de cave en cave.
Membres écartelés et briser la peau du lait.
Vois dans nos chaumières s’immiscer ces gros rats,
Goutte à goutte, mot à mot,
 ils nous laissent que des miettes.

Miette de pain, pain de blé, blé des champs, chant de guerre.
Guerre des ondes, ondes de choc, choc des mots.
Mot à mot, les mots d’hier et d’aujourd’hui nous tiennent.
Les mots nous tiennent, nous tiennent.
Les mots nous tiennent.

THE RUBBERY SKIN OF BOILED MILK

The words of radio, butter in mashed potatoes.
Molten lead, water drops, bodies rotting in barrels.
See, in our thatched huts, the hole acid made
from ear to brain.
Repeat, bits of boiled ham, bread and…

Crumbs of bread, bread of wheat, wheat in fields, fields of war.
War of the airwaves, waves of shock, shock of words.
Word for word, words of yesterday and today have a hold on us.
Words hold us, hold us. Words hold us mute.
Butter in the potatoes.
From backstreets to alleys, basements to basements.
Limbs torn from bodies, tap the skin of boiled milk.
See, in our thatch huts, these big rats poke around.
Drop for drop, word for word,
 they only leave us crumbs.

Crumbs of bread, bread of wheat, wheat in fields, fields of war.
War of the airwaves, waves of shock, shock of words.
Word for word, words of yesterday and today have a hold on us.
Word for word, words of yesterday and today hold us mute.

ALMAS PERVERSAS
Marianne Dissard / M.Dissard – Christian Ravaglioli

“Almas Perversas”, rien n’est innuendo.
“Ley de la Calle”, mamas scatos.
A cul et à fric, le BD trafic.
Salaces satires riment Mexique à nique.
Cinq, six salauds à confesse sans l’hostie.
Prétrailles de sadiques
coursent vierges nues et lubriques,
bourrent de casses en cases.
Goûters morbides.

¡Vibra, Mexico, softcore comics!
Dibujos del diablo, tragicos destinos.
Fritangas calientes, intenciones lucidas.

“Almas Perversas”, “Ley de la Calle”.
Que rico siento, drames pour accros.
Six patibulaires, le BD trafic.
Salaces satires, textoniques.

Esclavos sin nombre con hardcore comics.
La ley del mercado y las calles del oro.
¡Riase, Mexico, de las tramas crudas!

¡Exulté, Mexico, porncore comics!
Banquetes secretos, sudario leviano.
Almas de la calle desdé la Conquista.

ALMAS PERVERSAS

“Almas Perversas”, nothing is in innuendo.
“Ley De La Calle”, scato moms.
Ass and dough, comic books peddling.
Salacious satires, rhyme Mexico with porno.
Five, six dickheds confessing without wafers.
Priesthood of sadists
 chase naked and horny virgins,
bone from break-ins to blocks.
Morbid snacks.

Stir, Mexico, softcore comics!
Diabolical drawings, tragic destinies.
Hot historietas, clear intentions.

“Almas Perversas”, “Ley De La Calle”.
Que rico siento, tragedies for addicts.
Six sinister men, comics trafics.
Salacious satires, textonics.

Slaves without names, hardcore comics.
Law of the market and streets of gold.
Laugh, Mexico, to the crude drawings!

Elate, Mexico, porncore comics!
Cryptical feasts under a shredded thin shroud.
Soul of the streets since the Conquest.

UN GROS CHAT
Marianne Dissard / Christian Ravaglioli

En bouche à bouche, you’re a treat.
Au corps à corps, my little bitch.
Deux sous verres, bloody mary.
Sour and sweet, tu es tout nu.
Tu as 20 ans et moi, moi j’ai vécu
sur ton lit, comme un gros chat.

Oui, bien sûr, non, rien ne dure.
Ça, tu le sais bien comme moi.
Toi bien sûr, tu es si sûr.
Tu y crois dur comme bois.
Mais toi qui a les yeux si purs,
tu n’es pas l’ange que tu crois.

My little bitch, why do you mind?
Don’t be afraid. No, don’t get mad.
Hold my hand aux jeux du cirque.
Sale coup bas, it’s a man’s world.
A défaut de cuirasse, sentiments crus.
You’re twenty, I’m a big cat.

Oui, bien sûr, non, rien ne dure.
Ça, tu le sais bien comme moi.
Toi bien sûr, tu es si sûr.
Tu y crois dur comme bois.
Mais toi qui a les yeux si purs,
tu n’es pas l’ange que tu crois.

A BIG CAT

In mouth to mouth, tu es un régal.
In corps-à-corps, ma petite salope,
Two coasters, bloody mary.
Amer et sucré, you are naked.
You are twenty and me, me I’ve lived
on your bedspread, like a big cat.

No, of course not, nothing lasts.
You know it as well as I.
You, of course, you are so sure.
You believe hard as iron.
But you who has such pure eyes,
you’re not the angel you think you are.

Ma petite salope, why do you mind?
N’ai pas peur. Non, ne t’énerve pas.
Prends ma main at the circus games.
Nasty low blow, un monde d’homme.
Failing an armor, raw feelings.
Tu as vingt ans, je suis un gros chat.

No, of course not, nothing lasts.
You know it as well as I.
You, of course, you are so sure.
You believe hard as iron.
But you who has such pure eyes,
you’re not the angel you think you are.

ECRIVAIN PUBLIC
Marianne Dissard / Christian Ravaglioli

Toi, prisonnier!
N’ai pas peur, laisse-toi faire.
Je suis ta femme et ton mur de pierre.
Oui, regarde-moi.
Tu le sais bien, je suis là.
Moi, ta défaite, ta Sainte Hélène.

Argument public, sentimenteur habile,
les mots te viennent pas.
Ne t’en inquiète pas.
C’est moi qui vais gagner.
C’est tout fait, tout joué.
Je suis faite pour ça.
Confie-toi à moi.

Les noms de villes, les bords de fleuves
et les plages, les vacances.

Ah, rappelle-toi!
Oui, rappelle-toi les promesses
que tu me criais du haut des rochers.
Oui, oublie-toi!
Oublie tout et sois heureux.
Les fous, comme les chiens, ont un maître.

Prisonnier unique, mon compagnon,
mon plus grand ennemi,
tu ne m’échapperas pas.
Je suis la houle, ton phare, tes cendres.
Tu crêveras ici.
Confie-toi à moi.
Je suis faite pour ça.

Les noms de villes, les bords de fleuves
et les plages, les vacances.

PUBLIC SCRIBE

You, prisoner!
Don’t be afraid, let yourself go.
I am your woman and your stone wall.
Yes, look at me.
You know it well, I am here.
Me, your defeat, your St Helena.

Public argument, skilled sentimentalist,
words don’t come to you.
Don’t worry about it.
I am the one who will win.
It’s all done, all played out.
I was made for that.
Entrust yourself to me.

Names of cities, banks of rivers
and beaches, holidays.

Yes, remember!
Yes, remember the promises
you shouted to me from atop the cliff.
Yes, forget yourself!
Forget yourself and be happy.
Madmen, just like dogs, have masters.

Unique prisoner, my companion, 
my greatest ennemy.
You will not escape me.
I’m the rough tide, your lighthouse, your ashes.
You will croak here.
Entrust yourself to me.
I was born for that.

Names of cities, banks of rivers
and beaches, holidays.

ETE HIVER
Marianne Dissard / Christian Ravaglioli

Monsieur l’Homme, tu m’ veux pas?
Monsieur l’Homme, tu passes sang.
Vingt cinq ans déja, tu es si grand.
L’ présent s’ defends.
M’affairer sur toi, m’affaisser sans toi.
Toi, tu tiens plus droit.
Ah, tiens-toi bien!
J’ai perdu la place et perdu la face.

Monsieur l’Homme, un été
à chercher la nuit, les trains.
Assoupie sur tes bancs, tes fenêtres.
Tu es mal luné.

Quel homme es-tu? Quel homme es-tu?
Quel homme es-tu? Quel homme es-tu?
Je tiens, tu dures. Je tiens, tu dures.
Je tiens tu dures. Je tiens, tu dures.
Tiens-toi droit. Ah, tiens-toi bien!
Tiens-toi droit. Tiens-toi bien.!
Non, rien ne dure. Non, rien ne dure.
Ni champs de blé, ni chants d’été.
Ni champs de blé, ni chants d’été.
Non, rien ne dure. Non, rien ne dure.
Ni champs de blé, ni chants d’été.
Non, rien ne dure. Non, rien ne dure.
Ni champs de blé, ni chants d’été.

Monsieur l’Homme, assagi,
tu parais et tu perdures.
Ce sera ce que c’est.
A ton cul, les clefs trépignent.
Chats de Colisée,
 damnés en années.
Vois, mes blés encore trop tôt rentrés,
le pain pressé, le vin coupé.

Tu veux quoi de moi?
L’été s’est défilé.
Je te voulais. C’est ma loi.
Champs brûlés, chant d’été.
Ce sera ce que c’est.
Rien ne dure.
Hors ma loi,
 rien ne dure.

SUMMER, WINTER

Mr. Man, do you not want me?
Mr. Man, you’re passing blood.
Twenty five already, you are so big.
The present time is guarded.
To busy myself over you, to fall apart without you.
You, you’re not standing upright any longer.
Ah, behave yourself!
I lost my place and I lost face.
Mr. Man, a summer
spent looking for the night and for trains.
Dozing away on your benches, at your windows.
You’re off to a bad moon.

What man are you? What man are you?
What man are you? What man are you?
I hold, you last. I hold, you last.
I hold, you last. I hold, you last.
Hold yourself upright! Ah, behave!
Hold yourself upright! Ah, behave!
No, nothing lasts. No, nothing lasts.
Wheat fields nor summer songs.
Wheat fields nor summer songs.
No, nothing lasts. No, nothing lasts.
Wheat fields nor summer songs.
No, nothing lasts. No, nothing lasts.
Wheat fields nor summer songs.

Mr. Man, wised up,
you appear and you outlast.
It’ll be what it is.
Dangling from your ass, the keys.
Coliseum cats,
damned through centuries.
See, my wheat again sowed too soon,
bread pressed, wine cut.
What do you want from me?
Summer has fizzled out.
I wanted you. It’s my law.
Scorched fields, summer song.
It will be what it is.
Nothing lasts.
Outside my law,
 nothing lasts.

NEIGE ROMAINE
Marianne Dissard / Christian Ravaglioli
“Poesia in forma di rosa” by Pier Paolo Pasolini

Forsake me not,
forsake me not, oh my darling.
Though if you do,
 glory!
I shall be without tears.
Oh, glory!
I shall be without tears.

Si toi aussi,
si toi aussi tu m’abandonnes,
ô mon amour,
 grand dieu,
je n’aurai aveux ni larmes.
Grand dieu,
 je n’aurai aveux ni larmes.

Così sflogliai una vana rosa,
rosa privata del terrore
e della sessualita,
proprio negli anni
in cui mi si richiedeva
d’essere il partigiano
che non confessa ne piange.

ROMAN SNOW

Ne m’abandonne pas,
ne m’abandonne pas, ô mon amour.
Cependant, si tu m’abandonnes,
gloire!
 Je serai sans larmes.
Gloire! 
Je serai sans larmes.

If you too,
if you too forsake me,
oh my love, god damn,
I shall be without confessions nor tears.
God damn, 
I shall be without confessions nor tears.

And so, in this way did I leaf out a rose,
t
he private rose of terror
and sexuality,
at a time, in truth,
where I was being asked
to be a partisan,
without confessions nor tears.

L’EXILE
Marianne Dissard / Christian Ravaglioli

Feux d’artifices sur le Tibre,
je tombe pour toi
plus vite que ces fusées
montent au ciel.
Poudre noire, je prends flamme
aux étages, à ton visage,
en blanc de foudre, l’exilé.

Fleur de papier, l’abeille.
Noire de poudre, illuminée.
Fleur de papier, j’étincelle.
Soir de souffre, l’exilé.

Etes-vous bien dans votre lit?
Etes-vous heureux au pays?
Etes-vous bien?
Sinon, partez!

A dix ans, tu allumais
 des cierges magiques,
soleils de nuit dans ton lit.
Et puis tu as pris tes claques
pour ta clique des tropiques,
cuivre et titane, sangs mêlés.

Fleur de papier, l’abeille.
Noire de poudre, illuminée.
Fleur de papier, j’étincelle.
Soir de souffre, l’exilé.

Etes-vous bien au pays?

Fleur de papier.
Abeille à tes pieds.
Etes-vous bien?
Si oui, si non, partez!

La abeja sin flores
en alas sin viento,
de miel se consumen
sin polen de Dios.
Cual sybila palida
en flor de papel,
adora la abeja
con alas de sol,
lejana de besos 
intensa de luz.
La flor de papel
 hallò su color
cuando el agijon rasgò su vestido.

On trinque dans les bosquets.
Les fermeture-éclairs craquent.
L’aube est grisée, corps brisés .
Le sang sur le marbre scelle
l’année nouvelle sera belle
de foutre et d’or, l’exilé.

Fleur de papier, l’abeille.
Noire de poudre, illuminée.
Fleur de papier, j’étincelle.
Soir de souffre, l’exilé.

Etes-vous bien au pays?

Fleur de papier.
Abeille à tes pieds.
Etes-vous bien?
Si oui, si non, partez!

THE EXILE

Fireworks over the Tiber river,
I am falling for you
faster than those rockets
flare upward to the sky.
Black powder, I ignite,
in the storied tower, 
to your face,
white as lightning, 
the exile.

Paper flower, bee.
Black with powder, illuminated.
Paper flower, I spark up.
Night of sulfur, the exile.

Are you content in your bed?
Are you happy in your land?
Are you content? If not, leave!

Ten-year-old, you were lighting
magic firesticks,
 night suns in your bed.
Then you took your leave
for the leavens of the tropics,
copper and titane, mixed bloods.

Paper flower, bee.
Black with powder, illuminated.
Paper flower, I spark up.
Night of sulfur, the exile.

Are you content in your land?

Paper flower.
Bee at your feet.
Are you happy?
If yes, if no, leave!

Bee without flower,
 wings without wind,
consumed by honey 
without God’s pollen.
Pale sybilla in a paper flower,
adores the bee, her wings of sun.
Distant from kisses of intense light.
Paper flower found his color,
when the stinger tears her dress.

We clink our glasses in the groves.
Zippers spark up and break.
Dawn is tipsy grey, bodies broken.
Blood on the marble seal
s
the new year will be beautiful
of come and gold, the exile.

Paper flower, bee.
Black with powder, illuminated.
Paper flower, I spark up.
Night of sulfur, the exile.

Are you content in your land?

Paper flower.
Bee at your feet.
Are you content?
If yes, if no, leave!

FUGU
Marianne Dissard / Christian Ravaglioli

Look at me now! I did it again.
Knocked up for thrills, carefree and high.
Guess I could be sorry and cry.
No, how I got away,
swallowed the pill with a laugh.

Did it ever strike you, my love,
I could be your fugu queen.
Some day, you’ll bite in.
Some day, you’ll die here.
Each time you come near,
thinking I’ll spare you,
knowing we must
die.

Today again, I checked in.
Put down to sleep, naked and cold.
How could I not care I had you inside me?
And so well it ended, my dear,
without a trace or a tear!

Will you ever see it, my love,
I was yours, your fugu dream.
Some day, some time, you’ll keep me down.
Some day, with a bite, a knife,
cut me out, cross my heart, eat and die.

Will you ever say it, my love,
I was yours, your fugu queen.
The chef is skilled. The flesh is fierce.
That poison left in me has no way but this
to reach you now.

FUGU

Regarde-moi maintenant!
Une fois de plus!
Cloquée pour le fun,
sans souci et high.
Bien sûr, je pourrais être désolée et pleurer.
Mais je m’en tire, je pirouette,
j’avale la pilule avec un rire.

Ça t’a jamais frappé, mon amour,
je pourrais être ta reine fugu.
Un jour, tu y goûteras.
Un jour, tu en mourras.
Chaque fois que tu t’approches,
en pensant que je vais t´épargner,
en sachant que nous devons
mourir.

Aujourd’hui encore, j’ai été admise.
Endormie, nue et froide.
Comment je m’en foutais de t’avoir en moi?
Et comme tout ça s’est terminé, mon amour,
sans trace ni larme.

Le verras-tu jamais, mon amour,
j’étais tienne, ton rêve de fugu.
Un jour, une fois, tu ne me recracheras pas.
Un jour, d’un coup de langue ou d’un coup de couteau,
tu me détacheras, promets-moi, jure d’avaler et mourir.

Le diras-tu jamais, mon amour,
j’étais à toi, ta reine fugu.
Le chef est doué. La chair est rouée.
Le poison qui est encore en moi
n’a plus d’autre moyen que ça
pour t’atteindre maintenant.

FONDRE
Marianne Dissard / Christian Ravaglioli

Deux bulles de savon
suspendues à tes lêvres,
portées par le vent,
fragiles et légères,
collées l’une à l’autre,
ballottées dans les airs,
deux bulles de savon,
suspendues à tes lêvres.

Bulles de savon,
 tout est léger.
Bulles de savon,
 amour d’été.
Bulles de savon, 
les blés dorés.
Bulles de savon,
 collées, piégées.

La porte qui claque.
Courant d’air du matin.
Un château de cartes
sur la chaise du jardin.
Tu bâches les meubles,
moi, les pommes sous le pommier.
Les champs eventrés.
Nos rêves ont délités.

Bulles de savon, 
tout est léger.
Bulles de savon,
 amour d’été.
Bulles de savon, 
percées, claquées.
Bulles de savon, 
cruel été.

TO MELT

Two soap bubbles,
 hanging from your lips,
lifted by the wind,
 fragile and light,
stuck together,
 tossed around in by the wind,
two soap bubbles,
hanging from your lips.

Soap bubbles,
 all is light.
Soap bubbles, 
summer love.
Soap bubbles,
 the fields reaped.
Soap bubbles,
 clinging, trapped.

The door slams,
 morning draft.
A house of cards 
on the garden chair.
You drop a cloth over the furniture,
me, one under the apple tree.
Fields ripped open
and our dreams uprooted.

Soap bubbles,
 all is light.
Soap bubbles, 
summer love.
Soap bubbles,
 pierced, slapped.
Soap bubbles,
 cruel summer.

THE ONE AND ONLY
Marianne Dissard – Christian Ravaglioli

Le train à travers ma ville
 siffle déja midi,
sous un ciel bleu de mois d’août,
en janvier comme au paradis.
Des murs d’adobe qui s’écroulent
au milieu du désert.
La poussière le long de la route
retombe dans une chaleur d’enfer.

The One and Only.
Tucson in AZ.

Old Tucson et villes fantômes.
Courses à pied dans la rivière.
John Wayne, Warhol et ses hommes,
Lalo, Linda, Paul et compères.

Le bonheur comme un nuage
menace à l’horizon.
Beaux cowboys, mi folles, mi sages.
Est-ce le tonnerre, le mur du son?

The One and Only.
Tucson in AZ.
The One and Only.
Tucson, my city.

Change de trottoir, Mexico.
Les grands espaces perdent une vis!
Cuivre et condos, casinos.
Mirage à l’ouest, mon oasis.

The One and Only.

Les grands espaces perdent une vis.
Cuivre et condos, casinos.
Mirage à l’ouest, mon oasis.
Sous les étoiles à minuit,
les années passent, enfonce la vis.

The One and Only.
Mirage à l’ouest, mon oasis.
The One and Only.
Mirage à l’ouest, mon oasis.

THE ONE AND ONLY

The train through my city
whistles noon already,
under an August blue sky
in January like in paradise.

Adobe walls crumbling down
in the middle of the desert.
The dust along the road
settles down, infernal heat.

The One And Only
!
Tucson in AZ!

Good Old Tucson and ghost towns.
Barefoot races on the riverbed.
John Wayne, Warhol and his boys.
Lalo, Linda, Paul and compadres.

Happiness like a cloud
threatens on the horizon.
Handsome cowboys, half mad, half wise.
Is it thunder or a break in the wall of sound?

The One and Only!
Tucson in AZ
!
The One And Only!
Tucson, my city.

Run for cover, Mexico!
The open spaces have gone crazy.
Copper and condos, casinos.
Mirage out west, my oasis.
The One and Only.
The open spaces have gone crazy.
Copper and condos, casinos.
Mirage out west, my oasis.
Under the stars at midnight,
the years roll by, rub it in.
The One And Only.
Mirage out west, my oasis.
The One And Only.
Mirage out west, my oasis.

LE JOUR DE L’ANNIVERSAIRE
Marianne Dissard / Christian Ravaglioli -
Antonio Gramentieri – Mirko Monduzzi

Comme un coup de tonnerre,
blanc comme l’éclair dans le soir,
le truc auquel on s’attend pas,
le coup de bâton par derrière.
Mais non, non, non, non, j’y crois pas.
Ah, le hasard qui veut ça!
Mais non, non, non, je veux pas.
Pas ce soir, pas comme ça.

Je dansais la tête en l’air,
le soir de l’anniversaire.
Tout un tour de calendrier!
Ça se fête, la liberté!
Enlacée à l’un à l’autre,
sûre de t’avoir oublié.
Mais non, non, non, non, non, pas toi!
Ah, le hasard qui veut ça!

La tête en sang, je pleurais,
étourdie, assommée.
Le coup de bâton par derrière,
le soir de l’anniversaire.
Mais non, non, non, j’y crois pas!
Je t’aime encore, Oh, oui, ça doit être ça!
Mais non, non, non, non, n’approche pas!
Pas ce soir! Pas comme ça!
Le coup de bâton par derrière,
le soir de l’anniversaire.
Mais non, non, non, n’approche pas!
Mais, dis-moi, toi… tu penses encore à moi?

Ah, ben, oui, moi ça m’arrive, comme ça,
de temps en temps. Ah, non, enfin, oui, bien sûr, enfin, t’imagine!
C’est normal. Allez! On reprends un verre ou deux,
comme au bon vieux temps.

THE DAY OF THE ANNIVERSARY

Like a thunderbolt,
white as lightning in the night,
the thing that hits you by surprise,
a blow from behind.
But no, no, no, no, I can’t believe it!
Ah, what a coincidence!
But, no, no, no, I don’t want!
Not tonight, not like that!

I was dancing, with my head in the clouds,
the night of the anniversary.
Full circle round the calendar!
Ah, gotta celebrate freedom!
Entwined left and right,
 so certain I’d forgotten you.
But, no, no, no, no, no, not you!
Ah, what a funny coincidence.

My head bloodied, I was crying,
stunned, knocked senseless.
A blow from behind,
the night of the anniversary.
But no, no, no, I can’t believe it!
I still love you!
Ah, yes, that must be it!
But no, no, no, no, don’t come any closer!
Not tonight! Not like that!

A blow from behind,
the night of the anniversary.
But no, no, no, no, don’t come any closer!
But, tell me, you…. do you still think about me?

Ah, yeah, sometimes, sure, it happens, from time to time.
Ah, no, well, yes, of course. Well, yes, you can well imagine!
It’s normal. Well, let’s have another drink, or two… l
ike good ol’ times.






‘L’Entredeux’

LE LENDEMAIN
Pourquoi je ne peux pas
écrire un chant patriotique ?
Un chant à notre gloire à tous,
pas juste à la gloire de toi ?
Des dés, des démos et des cracks,
Jouer à démontrer, à infliger, s’affliger.
Ce n’est pas du passé.
Cette vie-là est en danger.
Ce n’est pas du passé.
Cette vie-là est un danger.
Pourquoi pas des mots durs,
des mots de haine et de colère ?
Pas des mots doux, des mots d’amour ?
Il ne s’agit plus de toi, le trois.
Gueule de bois et matin noir,
nous ne sommes rien à deux.
Rêves en croix, le monde entier nous en veut.
Des faits, des mémos et des tracts,
Jouer à démonter, à s’infliger, affliger.
Des clefs, des héros et des frasques.
Jouer à s’épuiser, à s’inviter, s’éviter.
Ce n’est pas du passé.
C’est pas si loin, ça va venir.
Il ne s’est rien passé.
Cette vie-là est en danger.
Il ne s’agit plus de toi, le trois.

LE LENDEMAIN (the next day)
So why is it i can’t write me a song for patriots?

A song to our collective glory,
and not just your glory?
Dices, memos, and cracks.
Play at demonstrating, inflict, afflict ourselves.
This is not the past.
This life is in danger. This is not the past.
This life is a danger.
Why not harsh words, words of hatred and anger,
not words sweet, words of love?
It’s not about you anymore, on the third.
Hangover and sad song, we are nothing if we’re two.
Crossed-out dreams, the whole world has a tooth against us.
Facts, memos, and fliers.
Play at undoing, self-inflicting, saddening.
Keys, heros and strays.
Play at exhausting oneself, inviting, avoiding.
This is not the past.
It’s not so far, it will come.
This is not the past.
This life is in danger.
It’s not about you anymore,
on the third.

SANS-FAÇON
A la saison des sans-façons,
les filles s’habillent, se déshabillent.
A la saison des hameçons,
les filles vont à la pêche, sur les barques.
Les filles tombent à l’eau,
les garçons les repêchent.
Les garçons sont trempés
et se déshabillent sur les barques pour sêcher.
La saison / des hameçons.
Sur le lac / l’eau se tait.
L’eau le sait / c’est la saison,
la saison des garçons.
Les filles s’amusent, se désabusent.
La saison de la raison.
Les filles sont à prendre et à laisser,
sur leurs barques embarquées.
Les filles sont comme l’eau.
Les garçons n’y peuvent rien.
Les garçons sont trempés
et se déshabillent
sur les barques pour sêcher.
C’est la saison / des rançons.
Sur le lac / l’eau se tait.
L’eau le sait / Les grands noyés
ne sont pas les garçons.
C’est la saison / Les filles n’y peuvent rien.
Sur le lac / Les filles sont comme l’eau.
L’eau le sait / Les garçons sont trempés.
et se déshabillent
sur les barques pour sécher.

SANS-FAÇON (no ceremony)
At the season of easy-goes,
the flower girls dress and undress.
At the season of fish and hooks,
The girls go fishing,
on the boats.
The girls fall in the lake,
so the boys fish them out,
the boys are all wet
and get undressed,
on the boats, and they dry.
The season of fishing hooks.
On the lake, water won’t speak,
Water knows, it’s the season,
the season of the boys.
The girls have fun, and then they chill,
at the age of the reason
The girls, for taking,
or the letting, embarked on their boats.
The girls are like water.
and the boys can’t do a thing.
and the boys are all wet
and get undressed,
on the boats, and they dry.
the season of ransoms.
On the lake, water won’t say
water knows. the ones who drown
are never little boys.
easy-goes /the girls are helpless
On the lake / The girls are like water.
water knows / now boys are all wet
they get undressed,
on the boats and they dry.

CAYENNE
Là où tu vas, mon amour,
on te recevra comme moi.
Ces bras qui vont t’accueillir,
ces bras seront les miens.
A la fonte des neiges,
les corps émergent,
les corps glissent vers la vallée.
A la terre, le sel.
A l’amour, la cayenne.
Aux blessures et aux bouches.
A tes voyages, mon amour.
Là où tu vas, on t’aimera
comme je t’ai aimé.
Ces mains qui vont te toucher,
ces mains seront les miennes.
Sur les plaines de sel,
les os des hommes,
et ceux des bêtes luisent de même.
(2x)
A la terre, le sel.
A l’amour, la cayenne.
Aux blessures et aux bouches.
A tes voyages, mon amour.

Là où tu vas, mon amour,
moi, je n’y viendrai pas.
Là où je suis, mon amour,
je penserai à toi
aussi souvent que le sel,
le sel appelle la cayenne.
Là où tu vas, je n’y viendrai pas.
Là où je suis, je serai toute à toi.
(2x)
A la terre, le sel.
A l’amour, la cayenne.
Aux blessures et aux bouches.
A tes voyages, mon amour.

CAYENNE
Where you’re headed, my love,
they will treat you like you were me.
Those arms that will greet you,
those arms will be mine.
As snow melts,
corpses poke out,
corpses sail down to the valleys.
To the earth, the salt.
and to love is cayenne.
To the wounds and the mouths.
To your travels, my love.
Where you’re headed, they will love you
just as i did love you.
and these hands that will touch you,
these hands will be mine.
On the salted plains,
the bones of men
and those of beasts shine the same.
(x2)
To the earth, the salt.
and to love is cayenne.
To the wounds and the mouths.
To your travels, my love.
Where you’re headed, my love,
me, I won’t be found there.
and where i stay, my love,
I’ll be thinking of you
as often as salt calls,
salt calls for cayenne.
Where you’re headed, I won’t be there.
but where I am, I’ll be, just be all yours.
(x2)
To the earth, the salt.
and to love is cayenne.
To the wounds and the mouths.
To your travels, my love.

CONFETTIS
A nos amours, aux confettis,
au vin qui saoûle toute la nuit.
Jetons sur nous, comme du riz,
des confettis.
Jaunes, bleus, amours de confettis,
bouts de papiers,
verts, blancs, jetés, brûlés,
papiers en feu (papiers en feu)
les confettis.
A mes devoirs, aux lendemains,
aux sols tâché de confettis.
A balayer d’un coup de rein,
les confettis.
Rouges, noirs, papillons en folie,
petits projets,
oranges, ors, cachés, volés,
papiers en feu (papiers en feu)
les confettis.
papiers en feu (papiers en feu)
les confettis.
A mes mouchoirs, à tes paresses,
aux longs tiroirs pleins de promesses.
tous nos espoirs en pièce au soir,
les confettis.
Amours, papiers, sabrés, brûlés,
fins de soirées, les confettis.
Les confettis.
Les confettis.
Papiers en feu (papiers en feu)
les confettis.
Papiers en feu (papiers en feu)
les confettis.

CONFETTIS
This to our loves, to confettis,
to wines to get us hammered at night,
Let’s throw on ourselves as it were rice,
blue confettis.
blond, blue, loves like confettis
bits of papers,
green, white, lit up and burnt,
papers on fire (papers on fire)
blue confettis.
To my duties, to the next day,
to grounds stained with confettis.
To be swept up with a hip throw,
blue confettis.
Reds, blacks, butterflies gone crazy,
senseless plans,
orange, gold, hidden, stolen,
papers on fire (papers on fire)
blue confettis.
papers on fire (papers on fire)
blue confettis.

To my ‘kerchieves, to your stupors,
to deep drawers stuffed with promises,
And all our hopes shredded by night,
blue confettis.
Love and papers, cut up and burnt,
end of the nights, blue confettis.
blue confettis,
blue confettis.
papers on fire (papers on fire)
blue confettis.
papers on fire (papers on fire)
blue confettis.

MERCI DE RIEN DU TOUT
Merci la belle gaffe,
et le vin en carafe.
Merci les pieds glacés,
tes mains pour les masser.
Merci pour les draps blancs,
et le sommier branlant.
Merci de rien, du tout.
Merci de rien.
Merci de tout.
Merci le lendemain,
un savon, tes deux mains.
Merci pour le thé chaud
et pour la météo.
Merci pour les fous rires,
la partie de plaisir.
Merci de rien, du tout.
Merci de rien.
Merci de tout.
Avant que j’oublie
et que ne s’efface
la métamorphose.
Avant que j’oublie
et que je ne fasse
ailleurs la même chose…
Merci de la merveille
que le jour au réveil.
Merci pour le mystère
soudain d’être sur terre,
Mystère que tous ces riens
qui font de tout un bien.
Merci de rien, du tout.
Merci de rien.
Merci de tout.

MERCI DE RIEN DU TOUT (Thanks For Nothing At All)
Thank you for the blunder
and for wine in a glass
Thank you for two cold feet,
your hands to warm them up
Thank you for the white sheets,
and the creaking mattress.
Thanks for nothing, for all.
Thanks for nothing,
Thank you for all.
Thank you the day after,
a pink soap, your two hands.
Thank you for the hot tea
the bad weather report.
Thank you for all the laughs,
the good times and your touch.
Thanks for nothing, for all.
Thanks for nothing.
Thank you for all.
Before I forget
before it’s erased,
and i morphe again,
Before I forget
and before I do
elsewhere the very same….
Thank you for the wonder
of dawn as we wake up.
Thank you, the mystery,
suddenly, be on earth.
Mystery, all these nothings
that turn all things to good.
Thanks for nothing, for all.
Thanks for nothing.
Thank you for all.

TROP EXPRES
Je titube, je le fais pas exprès.
Et toi, tu voudrais pas être mon mur ?
Si on se mettait dos à dos,
sûr qu’on tiendrait bien mieux la route.
C’est encore tôt / trop prés.
Trop tôt / trop exprès.
Je me fissure, je le fais pas exprès.
Tu vois, depuis que moi, je suis un mur,
qu’importe que tu dises ou que tu taises,
moi, ça me fait encore la même chose.
Cest encore trop tôt / Trop près
Trop tôt / Trop exprès.
C’est trop idiot,
je dois te dire,
c’est trop idiot,
que c’est fini,
c’est trop tôt,
comme ça.
Trop exprès.
Trop exprès.
Je murmure, je le fais pas exprès.
Tu sais, ça m’a jamais plû de crier
crier, sur les toits, gare à toi,
crier, reviens, non, ça, je peux pas.
Cest encore trop tôt / Trop près
Trop tôt / Trop exprès.
Trop exprès / Trop exprès

TROP EXPRES (too much, on purpose)
I stumble, but I swear I don’t mean
hey you, wouldn’t you like to be my wall?
If we were to stand back to back,
I’m sure we’d travel much further.
still early / Too close
Too early / on purpose.
I am cracking, but I swear I don’t mean,
You see, since i’ve become a wall
who cares if you speak or if you don’t
me, i really wouldn’t care either way.
still early / Too close
Too early / on purpose.
It’s too silly,
I must tell you,
it’s too silly
that it’s over,
too early,
like that.
I don’t mean,
on purpose.
I whisper, but I swear i don’t mean
You know, I never enjoyed shouting
shouting all around, you! beware!
shouting, come back! oh, no, that I can’t.
still early / Too close
Too early / on purpose
on purpose / I don’t mean.

LES DRAPS SOURDS
D’abord, d’abord, c’était le chat,
quand il y a eu la pluie.
Il s’est mis dessous les draps.
Il a fait comme chez lui.
Mais nous, on s’en foutait.
Et sous les draps mouilllés,
on a continué,
Et on s’est aimé.
La porte s’est ouverte
sur ton meilleur ami
qui n’y voyait plus clair,
et qui s’est cru chez lui.
Mais nous, on s’en foutait.
Et dans le lit glacé, on a continué,
et on s’est aimé.

Toute la nuit, des coups,
à la porte, aux fenêtres.
Des amis de partout,
des voisins, des éclairs.
Mais nous, on s’en foutait.
On n’en a rien vu, et on s’est aimé,

LES DRAPS SOURDS (the deaf sheets)
First off, first off, it was the cat,
when the rain came on down,
It sneaked in, under the sheets,
as if they were his own.
But us, we didn’t care.
And under the wet sheets,
we kept going at it,
yes, we kept at it.
Next on, the door opened,
and it was your best friend,
he wasn’t walking straight
he thought he’d made it home.
But us, we didn’t care.
And in the busy bed, we kept going at it,
and we kept at it.

And all night long, we heard
bangs and hits on the doors,
Friends from everywhere,
neighbors, even thunder.
But us, we didn’t care.
We didn’t hear a thing, and we kept at it

INDIANA SONG
Notre scène: un square d’Indiana,
sans hasard, sans croire qu’il y en a.
Tête à tête, et les pieds dans les feuilles,
n’est-ce pas qu’on est bons comédiens,
et qu’ici, on est tous des indiens ?
On s’aime bien. Ça ne se dit pas.
On est en guerre. Ça ne se voit pas.
Jamais plus, non, je ne serais sage.
Je te le jure, en m’éloignant du square,
du square en Indiana.
On est bons, mais nos lignes sont terribles.
Et l’histoire, la grande, pas crédible.
Aux rumeurs d’un pauvre scénario,
arguments aux couleurs du drapeau.
C’est fini. On sauvera plus nos peaux.
Comme c’est drôle, la destinée,
quand ça se manifeste
Je te l’écris, en repensant au square,
au square en Indiana.
br
Quelle drôle de chose, le désir,
et comme ça nous infeste.
Je me maudis, en retournant au square,
au square en Indiana.

INDIANA SONG
This our stage: a square in Indiana
not by chance, nor believing in chance
eye to eye and our feet in red leaves,
are we not excellentcomedians,
ain’t it true we are all just Indians?
We like each other. That can’t be told.
We are at war. That cannot show.
Never, now, would I want to be good.
I swear, as i walk away from the square,
the square in Indiana.
We’re so good, but our lines are awful.
do you trust history anyway?
To rumors of a meager script,
arguments the colors of the flag.
It’s over. We can’t save ourselves now.
A funny thing, destiny
when it manifests.
I write to you, as I think of the square,
the square in Indiana.
A funny thing, desire
when it infests us,
I damn you, as I think of that square,
our square in Indiana.

FLASHBACK
Au creux de ton épaule, je pose enfin la tête.
Je respire et j’aspire à retenir ta voix.
Je vais, frôlant ton bras et je te fais la fête
A ta vue j’ai si gros sur le coeur à te dire
que je ne sais encore avoir pris corps en moi.
La vitre et puis Paris, le ciel et puis la mer,
Partir sans trop quitter, errer sur une plage.
N’attendre rien de toi, ne plus savoir que dire.
et puis penser tout haut dans un demi-sommeil
qu’il y a déja 2 heures que le ciel s’est couvert.
Sur la jetée, des vagues, un homme en a plongé.
Son corps plane un instant au dessus du ressas.
Ses mains qui creusent l’eau, flashback sur nos brûlures.
Si je me retournais, de mes pas dans le sable,
il ne resterai rien, mon chemin effacé.

FLASHBACK
On your shoulder I place, my head light as a cloud,
I breathe you, i want so to remember your voice.
I walk, brushing your arm, and I greet you with smiles.
At your sight, I’ve so much to tell you about you,
so much I don’t know yet, much i already know.
The window and Paris. The sky, and then the sea,
To leave without leaving, and to drift on a beach
Expect nothing from you, to not know what to say.
Then think outloud, dreamy,
it’s been hours that the sky has darkened.
the waves crashing the pier, a man dives,
dissappear.
his shape hovers and flicks just above the green foam.
when his hands cut the sea, flashback over our wounds.
If I turned to face you, i don’t think i would see my footprints in the sand, my way blown by the winds.

CE VISAGE-LA
Ce visage-là me dit
me dit bien quelque chose.
Je reconnais les yeux
mais la bouche est changée.
Il me semble, on dirait,
le visage
le sourire et les traits
de quelqu’un
qui t’aimais.
Ce visage-là ne dit
ne dit rien qui ne vaille.
La bouche ne rit plus,
l’oeil est mort, rien n’y luit.
Impossible et terrible,
ce visage
ce sourire et ces traits
qui ont d’un coup
fané.
Sûrement j’ai dû réver,
une erreur, la fatigue.
La faute au ciel d’hiver,
je n’en crois pas mes yeux.
Face à face, au miroir,
le visage,
le sourire et les traits
de quelqu’un de brisé.

Ce visage-là me crie,
me crie bien quelque chose.
Je voudrais l’oublier,
je voudrais t’oublier.
Dévastés, démolis, x2
le courage,
le bonheur et la joie
que j’avais
à t’aimer.

CE VISAGE LA – (That Face)
This face tells me,
reminds me of something.
I recognize the eyes
but the mouth has changed.
It looks to me, it looks like
the face,
the smile and like the frown
of someone
who loved you.
This face doesn’t bidf
doesnt’ bid of anything good.
The mouth doesn’t smile any more,
the eye is lackluster, nothing there glows.
Impossible, and terrible,
this face,
this smile and these features
that suddenly have
faded.
Surely, I must have dreamt,
a mistake, exhaustion.
Fault is to the winter sky.
I can’t believe my eyes.
Face to face, to the mirrror,
the face,
the smile and the features
of someone who’s broken.
This face shouts,
shouts me something.
I would like to forget it.
I would like to forget you.
Wrecked, demolished,
the courage,
the happiness and the joy
that I had
in loving you.

L’EMBELLIE
On s’était perdu de vue
un peu même oublié
jusqu’au jour où
on s’est croisé
alors tout a recommencé.
Je ne sais plus grand chose de toi,
ni où tu vis, ni qui tu vois
mais tu le sais, et j’y crois,
c’était bien mieux comme ça.
Maintenant qu’on s’est retrouvé,
on peut tout se pardonner
on s’aimera même encore mieux
quand on nous prendra pour des vieux

On n’a plus le temps de pleurer,
ni le temps de s’ennuyer,
si tu veux bien, appelle-moi,
je passerai te prendre chez toi.
Maintenant qu’on s’est retrouvé,
on ne va plus se quitter.
on s’aimera même encore mieux
on s’aimera même encore mieux
on s’aimera même encore mieux
quand on nous prendra pour des vieux.

L’EMBELLIE (The Break In The Clouds)
We had lost touch with each other,
even a bit forgotten each other,
until the day when
we ran into each other
and then everything started again.
I don’t know much of you anymore,
where you live, who you see
but you know it, yes I believe it,
it was better like that.
Now that we’ve found each other,
we can forgive each other everything,
We will love each other even better
when they will take us for old people.
We don’t have time to cry anymore,
nor do we have time to be bored.
If you want, call me,
I’ll come take/pick you at your place.
Now that we’ve found each other agin,
we won’t leave each other anymore.
We will love each other even better,
we will love each other even better,
we will love each other even better
when they’ll take us for old people.